Les plages de sable noir de la côte ouest

Tout au long de la bordure ouest d’Auckland, à partir du nord de Manukau Harbour jusqu’au Kaipara Harbour, des rangées d’anciens volcans couvertes de forêts tropicales s’élèvent de la mer Tasman, abruptes et acérées. Les falaises qui ont résisté au temps sont interrompues par des vallées fluviales se terminant en longues plages de sable noir.

Muriwai beach 01 Muriwai beach 02

Parmi les plus surprenantes, nous avons choisi pour notre 1ère escale, Muriwai beach, située au sein d’un parc régional s’étendant sur 60km.

Muriwai beach 03 Muriwai beach 04

Cette plage attire toute l’année de nombreux surfeurs et nageurs avec ses vagues démesurées, mais aussi des joggers ou simples promeneurs avec leur chiens, ou encore les pêcheurs audacieux.

Muriwai black sand Muriwai beach 05

Muriwai fishing spot Muriwai fisherman

Il y a pas mal de sentiers de randonnées à faire à pied, en vélo ou encore à cheval. Mais la principale attraction des lieux reste la colonie de gannet, dans le refuge de Takapu, au sommet des falaises battues par le vent.

Falaise des Gannets Falaise des Gannets 02

Là, différentes plateformes permettent d’observer, principalement entre août et mars, les ballets incessants des « gannet » ou fous australs, réfugiés en masse sur les tours rocheuses détachées de la terre ferme.

Les gannets Les gannets 02

Ce sont des oiseaux marins aux longues ailes pointues, plumage noir et blanc, tête jaune et long bec. Les juvéniles sont entièrement noirs.

Les gannets 03 Les gannets 04

Le refuge de Takapu est une zone de reproduction établie avec environ 1200 couples d’adultes qui nichent chaque été, puis nourrissent et élèvent leur nouveau-nés, jusqu’à ce qu’ils soient aptes à voler et partir pour les côtes australiennes.

Il est assez rare de voir une colonie si proche de la « terre des hommes » ; l’espèce choisit habituellement des îles plus éloignées du rivage. Balloté par les vents et forcé par l’instinct à entreprendre une périlleuse migration sans vraiment connaître la destination finale ; vue sous cet angle, la vie du gannet semble plutôt précaire, mais vivre à la cime des falaises, avoir le vent et la mer comme compagnons, être capable de s’envoler, de parcourir de grandes distances, de fendre l’eau à une vitesse de 100km/h pour pêcher ; ça, c’est l’aventure ! Nous avons pris le temps d’admirer leur vol gracieux,

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leur atterrissage contrôlé,

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d’observer leur comportement au sein de la colonie ; les prises de bec dominant/dominé, l’alimentation par régurgitation des petits qui sont quasiment aussi grands que leur parents, leur façon très expressive de communiquer en remuant énergiquement la tête et les ailes.

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Le sable fin et noir qui recouvre les plages est issu de l’érosion des roches volcaniques et forme parfois de petites rides en dégradé, comme des mini-dunes sans cesse re-sculptées par le vent et les vagues.

Sable noir Sable noir inscription

On se sent d’ailleurs assez petit au milieu de ces puissants éléments qui dominent la vie dynamique et sauvage du parc ; l’eau et le vent.

On y a passé 2 jours fantastiques ; le temps de faire une balade le long de la plage embrumée,

Balade sur la plage embrumée Les oiseaux se baladent aussi

de longer la côte sur un sentier de randonnée débouchant sur d’autres petites plages,

Decouverte de nouvelles petites plages Decouverte de nouvelles petites plages 02

d’éprouver la force des rouleaux écumants,

Les vagues de Muriwai beach Les vagues de Muriwai beach 02

Les vagues de Muriwai beach 03 Les vagues de Muriwai beach 04

de flâner dans les forêts de pins au milieu des tuis et fantails et de se caler à l’abri du vent pour contempler le superbe coucher de soleil.

Muriwai sunset Muriwai sunset 02

Nous avons ensuite poursuivi notre route plus au sud vers Bethells, une plage plus petite et beaucoup moins populaire que ses cousines…

Bethells beach Bethells beach 02

Disons plus intime car à l’écart du circuit touristique ; ce qui lui donne presque plus de charme, à notre goût !

Bethells beach 03 Bethells beach 04

On se lance à l’assaut des massives dunes de sable noir pour atteindre d’autres coins, toujours plus isolés, plus paisibles et plus spectaculaires comme ce caillou posé au milieu de l’océan rugissant et fracassant ; un décor d’une beauté naturelle invraisemblable !

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Est-il possible d’être encore et toujours plus bluffé et ébloui après ces deux escales ? Eh bien oui. En favori pour la fin, on retient Karekare Beach.

Karekare beach Karekare beach 01

Du sable noir à perte de vue ; des tessons rocheux, entourés de collines sans clôture et de vagues fracassantes, et puis nous, tout petits grains, laissant nos traces de pas sur cette colossale toile de marées.

Karekare beach 02 Karekare beach 03

Karekare n’a ni village, ni commerce ; c’est justement ce manque d’urbanisation qui lui confère un caractère unique et spécial, que la population locale, soutenue par le Waitakere’s Eco-City Council, préserve et défend ardemment depuis des années, pour ne pas en faire un spot à touristes et risquer de troubler cette beauté sauvage essentielle. « Please take only photographs – leave only footprints. » C’est en quelque sorte le slogan de ces lieux ! Cette plage attire pas mal de peintres et photographes, ainsi que des producteurs de films comme Jane Champion qui a y tourné plusieurs scènes de son film primé aux Oscars ; The Piano (La leçon de piano).

Parmi les nombreux chemins de randonnée proposés, on a fait une partie du Hillary trail, qui offre de spectaculaires points de vue dans la forêt native luxuriante,

Karekare native forest 01 Karekare native forest 02

Karekare native land 01 Karekare native land 02

mais surtout le long de la côte ouest, rude et sauvage.

Karekare landscape 01 Karekare landscape 02

Karekare landscape 03 Karekare landscape 04

Il connecte différents circuits du parc régional des Waitakere Ranges sur 77km de marche en pleine nature ; c’est un rêve sportif que l’on réalisera un peu plus tard.

Un autre sentier nous a mené jusqu’aux Karekare Falls, qui tombent de 6m de haut dans une belle piscine opale, puis on a entrepris une montée-descente dans une forêt de kaoris bien dense, où le chemin n’était pas très facile à repérer car recouvert de feuilles.

Karekare falls 01 Karekare falls 02 Karekare falls 03

Karekare falls 04 Karekare forest

Intense ! Magique ! Splendide !

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